Je reçois de mesquines attaques sur le vécu relaté dans ce livre. Aucune surprise, je pensais que je ramasserais une partie du pathos du net, celui des pauvres types et des salopes préférant juger la vie d'un autre en qualificatifs pervers plutôt que faire leur propre exégèse. Dire que cela ne m'atteint pas serait mensonger, mais cela ne me démolit pas. Je lis la navrance des insultes et le portrait du détracteur est facile à dresser.
J'avais pourtant précisé que je n'étais pas psychiatre et que je ne pouvais rien contre la maladie mentale ou la souffrance d'autrui. Les pseudos sont pratiques devant celui qui s'expose, la distance aussi, je déteste cette lâcheté, je me suis défendu à visage découvert contre les pontes de la justice, du journalisme, de la politique. On peut me juger, après tout, je ne suis pas parfait et ne veut surtout pas le devenir, mais qu'on en fasse autant.
J'ai été qualifié de petit bourge ayant inventé une histoire quand j'ai grandi dans une maison sans eau chaude où on crevait de faim à la fin du mois, mais aussi de drogué, de violé, de voleur, de pauvre type alors que je crois être devenu au fil des années très loin de tout cela. Je ne bois plus rien d'autre que du coca light sans caféine et de l'eau quand j'ai roulé dans le ruisseau pendant des années, je suis devenu d'une honnêteté rigoureuse qui ne me rapporte rien d'autre que de la pauvreté malgré une maîtrise de commerce que je ne veux utiliser. Pauvre type, certainement si le modèle est un pourri ultra-libéral qui sacrifie tout au gain.
Ce que je fais en m'exposant me répugne, je n'ai pas trouvé d'autres solutions pour émettre la vérité, obtenir la révision d'un procès spolié de A à Z, alors quelle que soit la violence des agressions, je continue de me battre, à faire du contre-Ludo !
On a le droit de me disqualifier, j'ai le même droit de répondre : Je vous emmerde !
lundi 17 mars 2008
Basses attaques !
samedi 1 mars 2008
gratitude
A paraître bientôt sur le blog, mes premières entrevues, je remercie les journalistes qui prennent le courage de parler de cette histoire.
Je remercie également les personnes qui me joignent pour me raconter leurs malversations par le même procureur, les avocats qui me proposent leur aide, les personnes qui me soutiennent, me donnent un coup de main.
lundi 11 février 2008
Un honnête homme
Je ne peux m'empêcher de mettre sur le blog la synthèse, la fiche de lecture de Frédéric Valandré à propos de mon livre tant j'ai trouvé son travail précis, impartial et bien rendu :
10 février 2008
Outreau : on ne savait pas tout
Quatre frères violés par leurs parents et par un couple de voisins, treize personnes (hommes et femmes) accusés d'appartenir à un réseau pédophile avant d'être blanchis par la justice des hommes, un autre décédé en prison : telles sont les victimes connues de l'affaire d'Outreau, qui a fait couler tant d'encre ces dernières années. Oui, mais... ce qu'on ignorait, c'est que ladite affaire a fait une autre victime : Ludovic Lefebvre, l'auteur du présent ouvrage, qui fut la cible de violences sexuelles durant son adolescence.
L'Oublié d'Outreau est un récit autobiographique, qui entend relater "un parcours sinueux, obscur ou oscille espoir et désespoir, amour et haine, pureté et perversité, recherche d'identité, quête de bonheur" (p. 11). Issu d'un milieu modeste, né de père inconnu, Ludovic Lefebvre est élevé par sa grand-mère et le concubin de celle-ci dans la région Nord-Pas-de-Calais. A l'âge de 15 ans, l'auteur est mis sous tutelle chez son médécin de famille, le docteur Michel Q. Un notable, médécin auprès de la commission des permis de conduire, président d'un club huppé, le club "des 41". Un personnage que l'adolescent trouve fort sympathique, du moins au début... Très vite, il découvre que le bon docteur, "le soigneur, le confident, celui qui réconforte, celui qui redonne confiance" (p. 55) est un pervers de la pire espèce, " rougeaud, violent, violeur, obsedé, casseur de personnalité, adorateur d'adolescent viril, alcoolique et pédéraste honteux, bien caché" (Ibid.). A ce propos, il est difficile de rester indifférent en lisant le récit, terrible, du premier viol subi par Ludovic Lefebvre (pages 50 et suivantes). Dans ce cauchemar, c'est paradoxalement Martine Q., épouse et complice du médécin pédophile, qui fera office de "bouée de secours"; "mon unique moyen à l'époque de garder ma virilité naturelle, de ne pas me sentir encore un peu plus lopette, misérable, de vivre avec l'humiliation" précise l'auteur (p. 64). Les années qui suivront seront celles de la descente aux enfers pour Ludovic Lefebvre : alcool, tranquilisants, drogues en tous genre, vols, bagarres... Douze ans d'autodestruction interrompus parfois par des trèves, des lueurs d'espoir, avant de replonger à nouveau. Soyons clairs : ça fait froid dans le dos !
Fin 1995/ début 1996 : l'auteur décide de porter plainte contre son bourreau. De prime abord, le "pédéraste honteux" semble bien parti pour se diriger vers la case "prison" : le dossier de Ludovic Lefebvre est solide, et le médécin n'hésitera pas à insulter et à menacer de mort la juge qui instruit l'affaire (p. 160). Pour compléter un tableau déjà édifiant, le docteur Q. a violé un autre adolescent (p. 139-141) et tué deux femmes et blessé grièvement une troisième alors qu'il conduisait en état d'ivresse (p. 141-142) Dans cette dernière affaire, il insultera encore copieusement le magistrat instructeur, Fabrice Burgaud lui même. Visiblement, si cet homme est bien placé dans la hiérarchie sociale, il l'est également dans la hiérarchie de la saloperie, si jamais elle existe.
Mais pour Ludovic Lefebvre, justice ne sera pas rendue. Quant il contacte son avocate pour le dépot de plainte, celle-ci confie ladite plainte à un confrère... qui connait le docteur Q. Résultat : la plainte est déposée avec un an et demi de retard, alors que le délai de prescription est dépassé depuis deux mois, ce qui oblige l'auteur à redéposer plainte en 1999. En 2004, lorsque la juge d'instruction décide de renvoyer le médecin violeur aux assises, le procureur de la République de Boulogne-sur-Mer fait appel, car il ne considère pas un ancien drogué tel Ludovic Lefebvre comme une victime crédible (les spécialistes de l'affaire d'Outreau reconnaitront sans peine ledit procureur, Gerald L.). Enfin, le retentissement de l'affaire d'Outreau, qui verra des accusés roulés dans la fange par les médias avant que ceux-ci n'effectuent un virage à 180° en les sacrant archanges, contribuera à placer sous le boisseau l'affaire de Ludovic Lefebvre. L'auteur frappe à de nombreuses portes pour faire connaître son histoire : journalistes (comme Florence Aubenas), avocats (dont Me Dupont-Moretti, un des médiatiques avocats de la défense dans les procès d'Outreau), associations (France-Justice). Sans grand succès. A ce jour, si Ludovic Lefebvre a touché une indemnité de 20 000 euros de la Justice, et si on a officiellement reconnu qu'il a été violé durant son adolescence, son bourreau n'est jamais passé en jugement, prescription oblige.
L'auteur pense que ce cher médecin qui a pignon sur rue a bénéficié d'une "justice de classe". Cela signifierait que dans un cas (l'affaire d'Outreau) on a considéré de prétendus "notables" comme des coupables en puissance ( quels notables ? L'un des accusés, Pierre Martel, que l'auteur connaissait bien d'ailleurs et qu'il a toujours soutenu, était chauffeur de taxi !) et dans le second cas (l'affaire Lefebvre) on aurait décrété qu'un notable est forcément non coupable. Ceci dit, Ludovic Lefebvre n'attaque pas l'institution judiciaire dans son ensemble, et rend hommage à ceux et celles qui ont tout fait pour que son affaire aboutisse (p. 237-238).
Dire que j'ai lu ce livre avec plaisir serait mentir : le récit qu'il relate m'a inspiré autant de dégout que de révolte. Mais c'est une lecture captivante (il m'a fallu moins d'un après-midi pour le lire), et salutaire. L'Oublié d'Outreau m'a conforté dans mon opinion : à force de répéter " Mieux vaut un coupable en liberté qu'un innocent en prison", on risque d'oublier que les deux cas de figure sont aussi graves l'un que l'autre, quoi qu'on en dise.
Frédéric Valandré.
http://chatborgne.canalblog.com/archives/2008/02/10/7901250.html#comments
jeudi 7 février 2008
Courrier du cabinet du président de la République
Cher Monsieur,
Le Président de la République m'a confié le soin de répondre au courrier que vous lui avez adressé le 30 janvier 2008.
Je puis vous assurer qu'il a été pris attentivement connaissance de vos préoccupations avant de les signaler à Madame le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et au Préfet de la région Lorraine, Préfet de la Moselle.
Avec mes sentiments distingués.
Le Chef de Cabinet
Cédric GOUBET
samedi 2 février 2008
L'égo et la fonction
Les lois sont souvent scrupuleuses, intelligentes et les institutions sont globalement efficaces, ont un soucis de justice. Seuls quelques magistrats sont malhonnêtes, incompétents, corporatistes, voire malades parfois. Le grave soucis est qu'ils sont quasiment intouchables, qu'ils peuvent continuer dans la mauvaise justice en toute quiétude !
C'est donc la personne qui doit être mise en cause et non la fonction vénérable, on ne peut plus utile qu'est celle de juge ou de procureur !
Il y a plusieurs ennemis de la justice, les criminels et délinquants avant tout, mais aussi les pseudo- rebelles progressistes qui n'ont pas compris que notre liberté dépend de règles à suivre et n'ont de cesse de dénigrer le magistrat ou le policier, les quelques avocats plus soucieux de leur porte-feuilles que de la vérité, les quelques notables qui pensent que la loi n'est pas faite pour leur estrade en carton et enfin ceux qui déposent plainte pour un oui pour un non comme les parents qui délèguent leur rôle éducatif, les susceptibles communautaristes, les associations racketteuses, les gens connus qui se paient des vacances en attaquant la presse etc. Si les tribunaux n'étaient pas encombrés par ce fatras de broutilles, il y aurait la disponibilité pour l'important : le bien-être de la cité.
La justice et la police ne sont pas mes ennemis, Gérald Lesigne, le président de la cour d'appel de Douai, maîtres Pêtre-Renaud, Derouet, Pouille-Deldique, les journalistes comme Aubenas qui ont scénarisé l'affaire d'Outreau en gommant tout autour et les quelques politiciens qui ont eu un soucis électoral le sont. Par ailleurs, le riche n'est pas un salaud par définition, ce fut le cas dans mon affaire, je n'entre pas dans une lutte des classes pour autant, déjà je deviendrai riche un jour donc je ne me dénigre pas par anticipation et ensuite, il me fut amené à cotoyer des gens agréables dans toutes les couches socio-professionnelles.
Défendre les institutions tout en confrontant les indélicats, tel est le défi, ne confondons jamais l'égo et la fonction.
jeudi 31 janvier 2008
Les bons sentimenteurs
Hier soir, spéciale soirée Outreau, il fallait bien que le service public trouve un moyen de concurrencer la star ac, la sortie d'Astérix aux jeux olympiques. Le crible fut passé sur le juge Burgaud, un peu moins sur le procureur Lesigne qui est pourtant celui qui a requis lors du procès de Saint-Omer, un magistrat que je connais bien puisque c'est le même qui a "égaré" une nouvelle plainte ordonnée par le garde des sceaux Perben dans mon histoire, qui a fait appel de la décision d'envoyer mon violeur médecin devant la cour d'assises prises par les juges instructeurs Moscato et Diet, qui m'a inventé un beau-père alcoolique, fratricide et incarcéré. Il s'est permis toutes ces malversations et des motifs d'appel insultants, voire dégradants après le scandale d'Outreau; preuve qu'il était couvert et savait ne rien risquer. Les grands responsables de leur incarcération abusive, de l'étouffement de la mienne d'affaire furent exemptés de reproches : les médias. Il y avait enfin ce cher maître Dupont-Moretti qui m'a fait fait faire 1200 km pour un rendez-vous qu'il n'a pas honoré et ce cher monsieur Vallimi, le roi de la compassion médiatique, de l'honnêteté en Bétamax, de la sagesse sur le papier qui n'a pas répondu à mon courrier lors de la commission d'enquête. Si la recette devait fonctionner, attendez-vous à voir les mois prochains les victimes de Fourniret déterrées pour être servies sur un plateau télé ou la réapparition des disparus de Mourmelon. Audimat, audimat, toi qui es tellement plus important que la dignité, la pudeur et la vérité.
Les indignocrates de ce système ont la larme facile à la télévision, tout le monde entre gaiement dans le manège enchanté du tout compatissant choisi. Vous comprenez pourquoi, j'ai besoin de me battre, de ne pas me laisser faire, j'ai fait preuve de la plus parfaite honnêteté malgré la honte, la pudeur, la virilité pour que la lumière se fasse et les bons sentimenteurs de la presse, de la politique et de la justice ont débarqué, ma vie est devenue un cauchemar sur le cauchemar.
jeudi 17 janvier 2008
Le politico-médiatico-judiciaire
L'affaire d'Outreau devint rapidement un feuilleton judiciaire, c'est à dire une adaptation de la réalité à un format télévisuel. Pour ce faire, il fallut faire d'accusés dans une instruction des acteurs. Les comédiens donc de cette fresque ou frasque eurent un premier temps le mauvais rôle, celui du méchant. Juge d'instruction et procureur s'enfoncèrent dans cette dérive orientant l'instruction en ce sens, faisant fi de décharges évidentes ( l'impossibilité matérielle pour certains d'être en deux lieux au même moment, handicapé mental inapte à faire ses lacets enfonçant un objet mou comme une baguette de pain dans la partie intime des enfants Delay-Badaoui...) . Les journaux avaient enfin leur réseau pédophile, de quoi rivaliser avec la tragique histoire Dutroux de nos voisins belges... chouette !
Lynchons, lynchons, qu'une morale impure abreuve nos sillons, chantaient déjà les révolutionnaires de la morale. Il n'y avait ni antisémite réel ou supposé, ni réactionnaire à se mettre sous la dent, la faim vengeresse commençaient à se faire sentir.
Ils n'étaient pas notables, mais rmistes, ouvriers, chauffeur de taxi, infirmière scolaire mais ils fallaient qu'ils le soient... ouf, il y eut un huissier (notable et sale type par définition) !
Les assises survirent et alors qu'ils étaient déjà condamnés par la presse donc par la vox populi qui est toujours si prompte à faire confiance, c'est à dire aussi par la justice républicaine assurément, il s'avéra rapidement que la fin réelle fut différente de la fin du feuilleton, ils furent acquittés... pas de bol !
Que cela ne tienne, l'affaire n'en eut que plus de retentissement. Les accusés à tort reprirent rapidement leur place de prolos (il ne faut jamais défendre de notables, du moins ouvertement). Ces pauvres gens modestes furent victimes, non de la presse et son brouhaha, mais d'un légiste et un seul : le jeune juge Burgaud. Si le casting ne changea en rien, ce fut les rôles qui furent bouleversés, le scénario qui fut réécrit : les monstres devinrent des anges comme dans les tournois de catch américain où le tueur psychopathe est touché par la grâce et n'assomme plus à coup de strapontin ses adversaires, mais revêt de façon inattendu une cape argentée pour aller punir ses anciens complices de tout le mal qu'ils continuent de commettre. Et voici les prix littéraires qui pleuvent, les propositions de film, d'emploi à la télé qui arrivent, les rmistes à bac moins cinq sont maintenant présentés comme des étudiants (en quoi ? Ce n'est pas précisé.)
Les politiques courent et accourent, c'est bientôt l'élection présidentielle donc ils sont émus, révoltés, empreints de justice... c'est la saison ! Les indemnités allouées sont exorbitantes, le président et le premier ministre les reçoivent, les plateaux télé et autres journaux les reçoivent au quotidien, la justice est mise à l'indexe... brave affaire d'Outreau. Au niveau local, il faut redorer l'image de la ville, plus d'affaire de pédophilie, les suivantes seront systématiquement suivies d'un non-lieu, à peine condamne t-on une famille de débiles pour pas que cela ne devienne trop visible, quand même. Les héros de l'aventure judiciaire, les nouveaux Dreyfus sont accueillis avec une fanfare, on fait venir une autre héroïne populaire et populiste : Loanna. Aubenas se libère de ses obligations irakiennes, sort un livre.
Ce n'est pas suffisant, il faut une commission parlementaire pour faire semblant de changer en profondeur les tares de notre justice, la principale invité est la caméra, on émotionne, engueule, invective, les larmes sont sur les joues des élus, d'anciens garde des sceaux découvrent ce jour là que la justice n'est pas juste. Il y a un coupable : le juge Burgaud, s'il se défend un peu, mais pas trop il aura le droit à une promotion, les dizaines d'autres acteurs de cette bévue sont absous y compris et surtout les journalistes qui n'ont pourtant cessé de souffler sur les braises pour qu'elles ne s'éteignent surtout pas : le billot n'est que pour Fabrice Burgaud.
Il reste de ce marasme des enfants qui furent véritablement abusés par leurs parents, qui ont menti pour faire plaisir à maman et qui furent traités d'enfants fous (avec des parents pédophiles qui torturent, il y a peut-être un peu de quoi !), voici ce que devient la compassion politico-médiatico-judiciaire lorsque vous n'êtes pas le héros du film, que vous ne pouvez être utile à un magazine ou une élection.

